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Trois projets dédiés à l'eau dans les Parcs des Alpes Cozie

13 août 2026

pendant l’été 2026, qui s’avère être la plus chaude jamais enregistrée et l’une des plus sèches dans les Alpes occidentales, l’Organisme de gestion des zones protégées des Alpes Cozie est engagé dans trois principaux projets dédiés à l’eau qui, même en montagne, devient un thème de plus en plus central du point de vue des équilibres écologiques et en ce qui concerne la gestion des activités humaines en altitude et de la sécurité de ceux qui habitent et fréquentent les terres élevées.

Lacs alpins et zones humides

Dans les Alpes, les lacs et les zones humides représentent des contextes extraordinaires de haute biodiversité, en plus de précieux bassins de rétention d’eau, capables d’accueillir une multitude de spèces animales et végétales profondément différenciées de celles présentes dans les territoires environnants. Dans le cadre du projet Alcotra Aclimo, dont les Zones Protégées des Alpes Cozie sont partenaires avec d’autres parcs de Piémont, Vallée d'Aoste, Ligurie et France, des activités d’étude et de conservation ont été menées sur les lacs Fontana Fredda, Foiron et Lago Nero dans la zone du Site Réseau Natura 2000 Cima Fournier et Lago Nero, ainsi que sur les lacs Laus et Manica dans le Parc Naturel Orsiera Rocciavré.

Au cours des étés 2025 et 2026, les Parcs des Alpes Cozie ont réalisé une série d’études sur les caractéristiques morphologiques et biologiques des lacs, en collaboration avec le Centre Bioaqua de l’Institut Zooprophilatique Expérimental du Piémont, de la Ligurie et de la Vallée d’Aoste, ainsi que sur la faune et la flore présentes dans les environs. L’objectif est de développer une série de stratégies pour conserver la valeur naturaliste de ces environnements extrêmement fragiles face à la crise climatique actuelle avec des hivers moins neigeux et des étés plus secs. L’aspect principal relevé par les suivis menés sur ces lacs alpins est les élevées températures mesurées durant les mois d’été – avec des anomalies allant jusqu’à 5 degrés supérieurs à ce qu’on devrait attendre – qui favorisent l’apparition d’éclosions algales. De plus, il ne faut pas sous-estimer l’impact de la présence de spèces de poissons introduites principalement pour des raisons de pêche car, dans des conditions naturelles, les lacs alpins d’origine glaciaire seraient dépourvus de poissons qui, où présents, exercent une pression importante en prédateurs d’œufs et de larves de verts et insectes aquatiques. Les suivis ont également révélé la présence de espèces végétales et animales précieuses justifiant l’adoption de mesures de protection qui représentent les prochaines actions à entreprendre.

Alpage et pastoralisme

Lors des périodes de grande sècheresse, l’attention médiatique se concentre généralement sur les rivières et l’agriculture de plaine ignorant les conséquences dramatiques qui se produisent en montagne, en particulier sur un secteur productif, le pastoralisme, qui occupe un rôle très important non seulement du point de vue économique, mais aussi dans la conservation des équilibres écologiques. La vieille tradition de la transhumance estivale a effectivement façonné pendant des siècles les environnements de haute altitude et les prairies alpines en favorisant le développement d'écosystèmes particuliers grâce à l’interaction entre la flore et la faune. Dans ce contexte, la présence de l’eau reste fondamentale tant pour abreuver le bétail que pour la végétation des pâturages, et enfin pour l’activité de fromagerie. L’absence actuelle de précipitations risque de compromettre le pâturage obligeant les bergers à ramener prématurément à la vallée le bétail. Un des objectifs statutaires des Zones Protégées régionales est aussi la protection des activités économiques traditionnelles de la montagne car elles sont susceptibles de générer des retombées positives sur l’économie des territoires et sur la conservation de l’environnement.

Encore dans le cadre du projet Alcotra Aclimo, les Parcs des Alpes Cozie ont abordé la question qui devient de plus en plus cruciale pour l'élaboration de stratégies d’adaptation à la crise climatique. Comme première action, un catalogue des bonnes pratiques adoptées dans les alpages au sein des Parcs et des Zones Protégées partenaires du projet a été réalisé pour contrer la pénurie d'eau. Il s’agit d’un livret intitulé S'adapter à la pénurie d'eau en alpage qui fournit des informations scientifiques sur la réduction effective des précipitations dans les Alpes et des informations techniques, comprenant des évaluations économiques et des analyses des pour et des contre, sur les différentes solutions à adopter pour augmenter la disponibilité d’eau dans les alpages et directement dans les zones de pâturage. L’objectif a également une valeur écologique pour réduire l'impact du bétail sur les lacs alpins et les zones humides où ils viennent s’abreuver avec des conséquences souvent négatives d'un point de vue écologique. 
Les prochaines activités comprendront une série ciblée d’interventions dans des alpages témoins pour améliorer l'efficacité et l'efficacité des systèmes de gestion de l’eau.

La restauration du lit du Chisone

Comme cela ressort régulièrement après des crues soudaines et des inondations, les effets de la crise climatique provoquent une diminution généralisée des précipitations et, en même temps, une intensification des phénomènes extrêmes tels que des orages violents et des pluies torrentielles qui se concentrent dans l’espace et dans le temps, provoquant des dégâts sur les structures hydro-géologiques et, souvent, des victimes.

Après une longue phase de projet, à l’été 2026, les travaux pour la réhabilitation fluviale du Torrent Chisone ont commencé avec pour objectif de restaurer la naturalité des environnements aquatiques afin d'augmenter la résilience du territoire concerné face à des événements hydrologiques extrêmes et de prévenir le dépouillement des écosystèmes. Le projet, présenté par les Zones Protégées des Alpes Cozie, est financé par le fonds FESR de la région du Piémont avec un apport de la Compagnia di San Paolo et la coproduction de l’Union Montagnarde des Communes Olympiques. Le premier lot est situé dans le Parc Naturel de la Val Troncea où il est prévu de remplacer les anciennes digues en béton armé construites dans les années 50 et désormais dans un état de conservation précaire. Ces ouvrages avaient pour fonction de réguler les eaux pour la prévention des phénomènes d’inondation, mais représentaient en même temps des barrières infranchissables pour l’ichtyofaune et des obstacles à la croissance de la végétation riparienne. Grâce à des techniques innovantes d’ingénierie naturelle, le lit sera remodelé avec des solutions plus naturelles capables de restaurer les connexions écologiques garantissant la sécurité du lit même lors de crues soudaines et extrêmes. 

Communiqué de presse