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Nouveaux équilibres entre prédateurs et proies dans une recherche

28 juillet 2026

Le changement climatique ne modifie pas seulement la distribution des espèces individuelles, mais peut également altérer les relations qui, depuis des millénaires, lient prédateurs et proies dans les écosystèmes alpins. C'est la principale conclusion de l'article scientifique publié dans la revue Mammal Research (cliquez ici pour l'article complet) rédigé par les chercheurs Marco Granata et Margherita Cattaneo de l'Université des Études de Turin en collaboration avec le Parc National Gran Paradiso, le MUSE – Musée des Sciences de Trento, les Zones Protégées des Alpes Maritimes, les Zones Protégées des Alpes Cozie et l'Université du Molise.

La recherche représente l'un des travaux les plus complets réalisés jusqu'à présent sur l'hermine (Mustela erminea) dans les Alpes italiennes et se distingue par une approche innovante : au lieu d'analyser uniquement le prédateur, elle prend en compte la distribution de sa principale proie, le lemming des neiges (Chionomys nivalis), soulignant comment les changements climatiques peuvent modifier l'ensemble de l'équilibre écologique. Pour construire les modèles prévisionnels, les chercheurs ont recueilli plus de 900 signalements d'hermine et plus de 200 observations de lemming des neiges provenant d'organismes gestionnaires, notamment les Parcs des Alpes Cozie, des musées, des bases de données naturalistes, des activités de surveillance sur le terrain et des contributions de science citoyenne.

L'hermine est une espèce strictement adaptée aux environnements froids. Pendant l'hiver, le pelage devient complètement blanc, lui permettant de se camoufler sur la neige tant pour échapper aux prédateurs que pour chasser plus efficacement. La recherche confirme que la durée de l'enneigement est le principal facteur déterminant la présence de l'espèce : la réduction progressive de la couverture neigeuse rend en effet le pelage blanc de moins en moins efficace, augmente le risque de prédation et modifie également les conditions dans lesquelles l'hermine recherche sa nourriture pendant l'hiver.

Cependant, l'aspect le plus intéressant de l'étude est l'interaction de l'hermine avec le lemming des neiges, un rongeur étroitement lié aux éboulis et aux zones ouvertes de haute altitude qui constitue sa principale proie. Il s'agit d'un lien qui pourrait être radicalement modifié par le changement climatique et par les simulations d'augmentation des températures moyennes prévues d'ici 2100, créant un décalage substantiel. Alors qu'il est prévu que l'hermine pourrait perdre jusqu'à environ 36 % de son aire de répartition dans les Alpes italiennes, se déplaçant progressivement vers des altitudes plus élevées à la recherche de conditions climatiques favorables, le lemming des neiges, en revanche, pourrait s'étendre dans divers secteurs de la chaîne de montagnes et tendre, en moyenne, à occuper des altitudes légèrement inférieures à celles actuelles.
Selon ce modèle, les hermines risquent de perdre leur principale source de nourriture, tandis que les lemmings verraient diminuer l' de leur principal prédateur simplement parce qu'ils partageront de moins en moins de portions de milieu, modifiant un rapport écologique construit au cours de l'évolution. Selon les auteurs, c'est l'une des conséquences les plus pertinentes du changement climatique sur les écosystèmes alpins, comme déjà relevé dans la littérature pour d'autres espèces.

Enfin, la recherche souligne que la protection de la biodiversité ne peut plus se limiter à la conservation des espèces individuelles, mais doit également prendre en compte les relations écologiques qui les relient. Dans ce contexte, l'hermine, grâce à sa forte dépendance à la neige et à son lien étroit avec une proie hautement spécialisée, se confirme comme une précieuse espèce sentinelle des effets du changement climatique sur les écosystèmes de haute altitude, offrant des indications précieuses pour la gestion et la conservation des montagnes alpines.