Du 16 au 23 avril derniers, une importante session de pêche scientifique au silure s'est déroulée dans le Parc Naturel des Lacs d'Avigliana. Les opérations ont été menées par le personnel du Conseil National de la Recherche – Institut de Recherche sur les Eaux (CNR – IRSA), Coordinateur du Projet Life Predator, dont les Zones Protégées des Alpes Cozie sont partenaires, pour la gestion du Silurus glanis dans les bassins d'eau douce du sud de l'Europe où il est une espèce exotique envahissante.
Les activités se sont déroulées sur le Lac Grand d'Avigliana où, en 5 jours de travail, 130 individus du prédateur aquatique ont été prélevés pour un total de 322 kg de biomasse. La technique utilisée est celle de l'électro-pêche : via une machine spéciale montée sur un bateau, un courant électrique est appliqué dans l'eau, étourdissant temporairement les poissons, permettant de récupérer les individus de Silurus glanis à l'aide d'un filet. L'équipe de techniciens, aidée par le personnel gardes-parc des Parcs des Alpes Cozie, a concentré le travail le long des rives du lac, en particulier dans les zones caractérisées par de petites cavités et recoins subaquatiques où les silures aiment se cacher.
Dans l'ensemble, la longueur moyenne des 130 poissons pêchés s'élève à 65 cm pour un poids moyen de 2,6 kg. Pour 97 d'entre eux, il a été possible de déterminer le sexe, qui s'est avéré réparti de manière sensiblement égale : 48 mâles et 49 femelles. L'individu le plus grand mesurait 120 cm de longueur pour 10,7 kg de poids, mais de nombreux poissons de petite taille et de poids inférieur à 1 kg ont également été capturés. L'équipe a également analysé le contenu stomacal des silures prélevés dans le lac, mettant en évidence la voracité déjà connue de l'espèce : pour 84 d'entre eux, il a été possible d'identifier des proies dans le système digestif, 40 avaient l'estomac vide et pour 6 individus, il n'a pas été possible de faire une détermination précise. À noter que 67 silures s'étaient nourris de crevettes appartenant probablement à l'espèce exotique envahissante Procambarus clarkii, également connue sous le nom de crevette rouge de Louisiane, tandis que chez 7 d'entre eux, des traces de Dreissena polymorpha ou moule zébrée, considérée également comme une espèce exotique envahissante, ont été trouvées. Les autres proies principalement identifiées dans les estomacs sont le perche soleil et le perche commune, présents uniquement chez 15 individus, ou en compagnie des crevettes chez 17.
Du point de vue de la gestion de l'intervention, il convient de souligner l'excellente collaboration reçue des propriétaires d'activités économiques autour du lac et en général de la part des touristes qui n'ont pas entravé l'équipe, exprimant à plusieurs reprises leur appréciation pour le travail accompli. Il est donc prévu de reproduire une nouvelle session autour de la mi-mai. Toutes les informations seront fournies à l'avance dès que les dates précises seront déterminées.